Un succès dans la douleur
Soyons honnêtes : Marseille n'a pas rassuré sur le plan du jeu. C'est Amine Harit qui a débloqué la situation à la 50e minute, d'un plat du pied au second poteau sur un service d'Emerson, pour son premier but de la saison. Il a ensuite fallu attendre le temps additionnel et un penalty converti par Himad Abdelli (90e+8) pour sceller le score. Entre les deux, l'OM a longtemps tremblé. Le match a même été largement dominé par Troyes dans les intentions, les Marseillais ne frappant qu'à cinq reprises contre une quinzaine de tentatives pour les locaux. Un 2-0 au score, donc, qui ne reflète pas la physionomie de la rencontre.Ce que ça change pour l'OM
Et pourtant, ces trois points font un bien fou. Après quatre revers de suite, le club marseillais était installé dans une spirale négative, avec une pression grandissante. Cette victoire permet à l'OM de respirer, de sortir de la zone rouge et, surtout, de casser la dynamique. Dans ces moments-là, le résultat prime sur la manière. Un succès, même étriqué et poussif, suffit souvent à relâcher la pression, à redonner un peu de confiance à un groupe et à apaiser l'environnement. C'est précisément ce dont Marseille avait besoin.Genesio lucide : « l'essentiel reste les trois points »
L'entraîneur marseillais, Bruno Genesio, n'a pas cherché à enjoliver la prestation. Satisfait du résultat, il a reconnu les limites du contenu : « Notre prestation est loin d'être la meilleure depuis le début de saison, mais l'essentiel reste les trois points », a-t-il résumé. Le technicien a surtout insisté sur l'importance de briser la série : lorsqu'une équipe est dans une spirale négative, le plus important est d'abord de la casser, avant de penser à la manière. Un discours de bon sens, qui assume la situation sans se voiler la face.Les limites à corriger
Car tout n'est pas réglé, loin de là. Le niveau de jeu affiché à Troyes reste un vrai sujet d'inquiétude pour la suite : un OM aussi peu dangereux offensivement ne pourra pas s'imposer aussi facilement face à des adversaires plus huppés. Le ratio de tirs, nettement en faveur de Troyes, doit servir d'avertissement. On notera aussi la petite tension autour de la sortie d'Igor Paixão, remplacé en fin de match et visiblement mécontent, sans que cela ne vire à l'incident. Rien de grave, mais un signe de plus que tout n'est pas encore totalement apaisé.Le mot de la fin
Cette victoire à Troyes ne restera pas dans les annales du beau jeu. Mais pour un OM sous pression, elle a le mérite immense de stopper l'hémorragie et de faire du bien aux têtes. La relance est timide, le chantier reste ouvert, mais le plus dur — enfin regagner — est fait. À Marseille d'en faire un point de départ, et non une simple parenthèse.Voir le prono du jour
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